Le cinéma français va-t-il se renouveler dans sa veine « feel good movie », ces films que l’on va voir en espérant passer un agréable moment sans prise de tête ? Mais trop souvent, avec cette frustration provoquée par la futilité d’un genre qui se répète, sans invention, avec le canapé devant la télé comme but ultime. Mr et Mme Adelman (374), du même réalisateur, avait déjà provoqué l’enthousiasme que La Belle Époque confirme. Pas seulement parce que l’on retrouve cette éblouissante Dora Tillier, avec Arditi et Polady-lès, partenaires cette fois de Canet, Auteuil et de la brillantissime Fanny Ardant. Quelle brochette de talents ici superbement utilisés, bénéficiant tous de situations et de dialogues ciselés finement. Avec énormément d’humour.
Le scénario est un peu tiré par les cheveux, vous vous en rendrez compte, mais cela contribue grandement au charme du film car le
subterfuge est maintenu comme élément de la narration tout au long de l’histoire, avec un sens raffiné de l’équilibre entre la nostalgique et la joyeuse entreprise qui anime tous ces gens. Il y a un petit côté « studio de cinéma » à l’ancienne, avec costumes, reconstitutions, qui est charmant, un écrin pour des échanges entre acteurs qui finissent par tirer une demi larme car l’amour l’emportera, soyez rassurés ! Une bien belle époque.
Et comme il se doit, la critique « intello » tire à boulet rouge sur ce film qui ne mérite ni tant d’honneur ni tant d’indignité. Sauf peut-être à faire remarquer que, très hypocritement, tout en fin de générique, en tout petit, l’on retrouve la mention honteuse du détournement de l’intention du financement du cinéma belge par le tax shelter, organisé à nouveau par Umedia.