Encore un de ces « petits » films, produit modestement à Bruxelles, brillamment interprété par Yolande Moreau et une jeune actrice remarquable, Anna Franziska Jäger, qui dans un film intimiste, arrivent à convaincre sur base d’un scénario ingrat, rarement traité, celui du deuil dans une famille. L’histoire, il faut la découvrir en salle, en observant doucement ce mystère qui fait de la vie de Cléo, de son frère et de leur grand mère gâteau, un destin, contemporain, comme celui que nous contaient les tragédies antiques.
C’est finement ciselé, le rythme est bien maîtrisé, la litote cinématographique est bien utilisée et les cadres sont serrés, accentuant par les flous d’arrière-plan, l’isolement intense de ces êtres en souffrance. Il y a le plaisir de découvrir Bruxelles photographiée de façon à renforcer l’ambiance du film, et qui présente, chose rare dans notre cinématographie nationale, une multiculturalité on ne peut plus simple et banale, revigorante. Cela aussi donne au film un supplément d’âme, une chaleureuse empathie pour les personnes qui nous y sont montrées.
Comme ce cinéma n’est pas tapageur, mais qu’il révèle des talents nouveaux, remarquables, il faut aller le voir et le faire voir car c’est un parfait exemple de la confiance que nous pouvons partager de voir s’enrichir la cinématographie « belge » que le tax shelter a, comme ici, vocation à rendre possible.