Voilà un film bourgeois parisien très classique qui tourne autour d’une famille traditionnelle : lui est musicien, elle avocate et aspire à reprendre des activités professionnelles un moment interrompues pour s’occuper de leurs deux enfants. Tout cela se discute de façon très réaliste et une nounou est rapidement engagée dont nous allons suivre la vie dans cette petite famille et leur petit appartement. Bien entendu les choses vont doucement se mettre à déraper, je vous laisse le soin de découvrir les signes et l’aboutissement de ce destin étrange, celui de la nounou incarnée admirablement par Karine Viard, décidément une comédienne d’exception, e.a. Les Chatouilles (587), comme l’est la petite fille du couple et la maman, incarnée par Leïla Bekhti que j’avais trouvée remarquable déjà dans Carnivores (504) Le Grand Bain (554) et La Lutte des classes (640).
C’est Karine Viard qui, ayant lu le roman, a voulu s’approprier le rôle de la nounou. Ce qu’elle fait admirablement, c’est même l’intérêt principal du film qui, par ailleurs, n’est pas très bien scénarisé me semble-t-il et filmé de façon conventionnelle avec un parti pris coloré dont on comprend l’intention aux antipodes de l’angoisse qui s’insinue. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas toujours. Le recours aux scènes fantasmées, aux visions que la folie induit me semble un peu dissonant dans cette douce chanson qui finit en hurlement.