Voilà une œuvre singulière, qui se rapproche du style de Jacques Tati, où le personnage central interprété par le réalisateur lui-même reste muet, à une importante exception près. C’est le regard sur ce qui l’entoure, et porté par d’autres sur lui-même, qui est l’objet du film, à une première lecture. C’est amusant, diversifié dans les lieux, les circonstances. Mais il est possible de « lire » le film avec une approche plus désespérante, celle sans doute de ces « palestiniens » sans terre qui deviennent apatrides et portent sur les lieux emblématiques (Paris, N.Y., Montréal) un regard qui nous ouvre les yeux, au moins sur la nature des réflexions que ces endroits suscitent. Tout
cela est mis en scène de façon non réaliste, et pourtant tellement ancrée dans nos quotidiens. Transposée pourrait-on dire.
Le film souffre un peu du manque d’enjeu, d’antagoniste, d’une tendance à la répétition, un petit côté « entre gens qui se comprennent sans rien dire » qui crée peut-être un sentiment d’exclusion chez le spectateur qui « n’entre pas » dans cet univers.
Ce n’est pas tout à fait le paradis, mais certainement pas l’enfer. Certains adorent.