Tel épris qui croyait prendre. C’est une histoire qui commence, comme tant d’autres aujourd’hui, par une rencontre sur les réseaux sociaux, entre deux retraités qui se disent veufs. Cela se passe à Londres, en 1990. La date sera comprise plus tard car elle est nécessaire à la crédibilité de cette intrigue peu ordinaire entre un monsieur bien sous tous rapports mais qui s’avère être une sorte d’escroc très sophistiqué et une dame dont les motivations apparaîtront au fil de leur histoire de classique recherche d’un compagnon de vie.
Et la révélation progressive des vérités de chacun, des motivations qui expliquent ce qui deviendra un règlement de compte très extraordinaire, est l’originalité de ce scénario construit comme de la dentelle. A un moment, le film qui semblait devoir se dérouler dans une chronologie simple fait usage des flash-back et l’on bascule alors dans ce qui est la révélation des motifs à agir pour cette femme distinguée à qui l’âge donne ce supplément de charme respectable et attendrissant.
La qualité du casting et celle des dialogues, permettent de mener ce récit à son terme en maintenant l’attention et le mystère qui donnent à ce film singulier sa valeur, celle d’une petite histoire dans la grande histoire. Ici, l’art du mensonge est mis au service d’une sorte de vérité, celle qui devrait permettre, peut-être, de surmonter l’insurmontable.
Le réalisateur est un baroudeur du 7e art mais dont le nom n’évoque pas tout de suite d’autres films marquants, sauf peut-être Mr Holmes qui était aussi une intrigue très complexe et amusante où le même excellent acteur, Ian McKellen était tenant du rôle-titre. L’actrice He-len Mirren est de celles pour qui rien ne semble impossible, tant le talent et l’humour cohabitent dans son regard et son sourire. Un régal de voir des acteurs de ce niveau au service d’une fantaisie amusante qui se transforme en un affrontement très violent qui trouve son origine dans un secret qui motive largement que l’on soit un bon menteur. Le film semble avoir été reçu avec une certaine réserve par la critique. Que cela ne vous décourage pas d’aller découvrir qui maîtrise le mieux l’art du mensonge.