Notre drame. Cela commence par une tonitruante mention de Scope et l’on sait que de l’argent du tax shelter aura cofinancé ce film parisien ; avec un sympathique acteur, Bouli Lanners, qui vient y justifier son cachet. Sans plus.
L’histoire mêle deux lignes narratives : un concours d’architecture pour aménager le parvis de Notre-Dame (avant l’incendie, bien entendu) et la déglingue de la vie privée de l’architecte, mère de deux jeunes enfants, qui a gagné fortuitement ce concours.
Il y a une tentative de salade folle dans ce scénario, avec un peu de Chaplin, d’Amélie Poulain, de Gordon et Abel, bref, plein de bonnes intentions qui semblent faire rire certains. Et c’est tant mieux. Les ambiances qui se succèdent sont une sorte de patchwork mélangeant de réalisme, la fantaisie assumée, l’onirisme, la caricature pour ne pas dire la charge sociale, un peu de psy pour pimenter le tout et
une grossesse qui s’intègre aussi mal dans l’histoire qu’une gâteau à la crème dans l’étale d’un boucher. Ce qui plombe un peu le film, à mes yeux, c’est la comédienne, qui fait de son mieux, mais qui n’a pas, me semble-t-il, ce supplément de magie, de séduction, de talent pour tout dire, qui aurait fait de son personnage une icône comme Audrey Tautou. Ici, l’on reste en seconde classe. Et cette actrice est la réalisatrice du film, qui a intégré à son histoire de nombreuses connexions autobiographiques. Ce qui ne suffit pas à en faire la charpente d’un scénario, forte comme celle d’une cathédrale, hélas. De trop nombreuses situations tombent à plat, ne sont pas exploitées, sans lien avec l’histoire qui est celle de la réhabilitation du parvis de Notre Dame. Les claques, les visiteurs locataires dans l’appartement, le personnage de l’avocate et ce procès de revue estudiantine, sont, à mes yeux, l’illustration parfaite d’erreurs de scénario qui plombent les bonnes intentions, parfois touchantes. Bref, il n’y a pas le feu pour aller voir Notre-Dame.