Vraie pustule. Ce film de 1993 a marqué, à l’époque. Réalisé par le frère de Ridley sur un scénario de Tarantino, il raconte la liaison démente entre une petite pute et un anencéphale, le prototype du jeune Américain crétin parfait.
Leur rencontre est assez amusante et l’on se sent pris de tendresse pour ce couple improbable dont le mâle veut s’imposer à la femelle en allant «laver son honneur». Ce qui est le début d’une succession de scènes plus violentes les unes que les autres. Avec cette dimension humoristique du genre de celles qui devaient faire marrer les tortionnaires nazis. Je ne peux m’empêcher de penser que ce type de spectacle doit ébranler les esprits faibles qui confondent le cinéma, les jeux violents sur PlayStation et la réalité dans leurs collèges où ils tirent avec un fusil automatique.
Cela d’autant plus que c’est très bien réalisé, monté, interprété et que le rythme du film ne laisse guère le temps d’y réfléchir. Il y a, de séquence en séquence, un crescendo magnifiquement maîtrisé dans la violence et le cynisme, dans les maquillages de face défoncées à coup de poing et les effets pyrotechniques qui culminent dans un nuage de plumes répandues dans l’appartement du massacre final. Et notre petit couple s’en va, par l’escalier de service, vers une vie de petits rentiers que l’on retrouve avec le tout jeune fruit de leurs amours, sur une plage, style couverture de catalogue pour agence de voyages.
Le film a de nombreuses qualités qui en font un «film culte». Je soulignerai simplement le casting de très haut niveau dans lequel on croise Brat Pitt dans quelques scènes amusantes. Les dialogues sont admirablement écrits et la musique de Hans Zimmer m’a semblé souveraine. Comme quoi, le purin nourrit parfois des fleurs superbes.