Détestation et consternation. Voilà un réalisateur soutenu par des inconditionnels qui ont vu dans trois de ses films, au moins, des œuvres importantes, Calvaire et Vinyan que je n’ai pas vus et Alléluia
(045) qui m’avait semblé être un calvaire.
Ce film-ci met en situation - je n’ose écrire raconte, car il n’y a pas d’histoire - un gamin insignifiant et une quelconque qui n’existe que dans quelques scènes d’hystérie sans substance. Ils fuient l’institution dans laquelle elle est colloquée et où travaille la mère du garçon. S’en suivent une série d’épisodes très marqués par l’eau, avec des passages par des tunnels, piéton, routier, de chemin de fer et un canal sous voute, des ponts aussi, sorte de métaphores peut-être de ce chemin de Compostelle vers une renaissance espérée. Tout cela n’est que du pipeau et le comble est atteint lorsque Benoit Poelvoorde apparait au milieu des bois sans savoir ce qu’il doit faire ou dire à ces deux adolescents égarés par l’inanité du propos qu’ils sont censés servir. Si vous avez vu la bande annonce, vous avez non seulement tout vu, mais en plus, tout compris. L’objectif de la caméra semble collé aux visages grimaçants des protagonistes, donnant le sentiment que cette caméra est tenue par un cadreur atteint de la maladie de Parkinson. L’image, tournée en 35mm argentique est aussi laide que possible et les effets spéciaux de pluie submergent définitivement toute cette agitation avec l’évidente ambition de noyer l’affaire. Patrice de Mac Mahon aurait pu resservir son célèbre « Que d’eau, que d’eau » bien à propos.
Pour ceux qui ne l’auraient pas noté, les oiseaux jouent aussi un grand rôle symbolique dans cette affaire pseudo-mystique (Adoration... de la Vierge, des Mages, de l’Enfant Jésus... !) Les oiseaux prisonniers, les oiseaux de nuit, les oiseaux qui vivent en couple et les oiseaux migrateurs. On ne nous en épargne d’aucune sorte. Et, dans cette volière, le spectateur est un peu le pigeon de ce vasouil-lage cinématographique.