Mais qu’est-ce qui pousse les producteurs à financer, dans des biopics, les parties de vie de grandes vedettes qui sombrent dans l’alcool, la drogue et le désespoir ? Nous retrouvons Judy Garland lorsque sa voix s’estompe, lorsqu’elle est épuisée par la vie d’esclave du cinéma qu’elle mène, forcée par des contrats, depuis sa plus tendre enfance. Et elle ne supporte plus d’être privée du temps nécessaire à choyer ses propres enfants comme, sans doute, elle aurait aimé l’être. C’est finement observé et les flashbacks un peu simplistes, faits souvent d’un bref dialogue en face à face, éclairent ce qui dans le passé de cette artiste sur le déclin en explique la tragique tristesse. Tout est bien reconstitué, en particulier les décors. J’ai une tendresse particulière pour la scène qui se déroule dans l’appartement du couple de messieurs qui vont être déterminants dans la dernière séquence, bouleversante.
Des hommes homosexuels ont jalonné la vie de Judy, à commencer par son père, deux de ses 4 maris, un gendre... Et elle est considérée comme une égérie dans les milieux gay.
Il y a peu de chansons dans le film et le «must» n’est interprété qu’à la toute fin.
Prenez le temps d’écouter la version pleine de fraîcheur : https://www/youtube.com/watch?v=-eks55dZYIo et celle, pathétique, enregistrée le 25 mars 1969 : https://www.youtube.com/watch?v=iDXL_5JsiC0Judy décèdera le 22 juin de la même année.
Tout est dit d’un enregistrement à l’autre. Contemporaine de Shirley Temple, Lana Turner, Ava Gardner, Bette Davis et toute la génération des films de comédie musicale, elle a eu comme partenaires, e.a., Gene Kelly, Fred Astaire, Mickey Rooney et elle a été dirigée
e.a. par Busby Berkeley et Vincente Minnelli avec lequel ils eurent Liza ! C’est un autre mari, Sidney Luft qui aura avec Judy les deux enfants que l’on voit dans le film. A l’âge de 28 ans Judy est déjà esclave de l’alcool et des médicaments ; la MGM ne la fera plus tourner. Outre quelques films produits par d’autres, ce sont ses récitals de chanteuse qui la feront vivre jusqu’à son déclin définitif qui nous est conté dans le film. Le traitement visuel est classique, l’image restitue bien l’époque et chaque détail est soigné comme savent le faire les productions anglaises. Ce qui donne peut-être au film un côté amidonné, qui dégage une sensation ici ou là de longueurs inutiles, appuyées. Parfois trop grimaçant, le jeu de l’actrice Renée Zellweger est saisissant qui rend le personnage émouvant et pitoyable. Mais n’y a-t-il pas mieux à nous montrer d’une artiste d’exception, une étoile au-dessus de tous les arcs-en-ciel, réincarnée ici en plein brouillard ?