Les retrouvailles pourrait-on titrer dans une traduction antinomique. Un film choral transculturel (hémisphère Nord). Une famille chinoise est éparpillée par la vie et par les études et la carrière de ces nombreux membres. C’est le regard de l’une d’elles qui va nous amener à découvrir cette galaxie, affectueuse, pleine de liens tendres et amusants. Tous vont se retrouver pour un mariage ; mais il y a une raison «non dite» qui explique cette grande réunion. Le charme du film provient de plusieurs choses : la découverte d’une famille nombreuse et attachante, le dépaysement entre New York et la Chine, un soupçon de japonais, un mélange de langues et un quotidien exotique à nos yeux. C’est une gageure de réussir au cinéma des scènes de repas nombreux, des dialogues croisés, une mobilité de chaque instant. Et ici, l’histoire nous incite à suivre avec bienveillance la préparation de l’événement «paravent».
Le cinéma venu de l’est se distribue de plus en plus dans nos salles et singulièrement celui d’Asie qui montre la diversité foisonnante de l’inspiration de ces pays d’Extrême-Orient.
Mais il ne faut pas être naïf, ce film-ci est réalisé certes par une chinoise, mais américanisée totalement dans sa vie privée et professionnelle. Elle témoigne cependant par cette histoire familiale, d’une situation générale et d’un problème qui nous guette tous : celui du partage d’informations médicales de nature dramatique : l’annonce ou non d’une échéance de vie raccourcie par la maladie. Tel est le vrai sujet du film, mais il est traité en demi-teinte, sans désir de prise de position tranchée. Ici c’est plus l’amour qui unit la personne diagnostiquée avec les siens, et qui nourrit l’histoire. Avec humour et tendresse. Les protagonistes sont eux nourris de façon très appétissante lors de ces rencontres à table où vous apprendrez comment se servir de baguettes avec une dextérité de gourmet. Partagez ce repas cinématographique avant de dire Au revoir.