Quand nous chanterons le temps des cerises Sifflera bien mieux le merle moqueur.
Ici pas de chansons, pas de merle moqueur, pas de Jean Baptiste Clément ni de temps des cerises, mais un film incompréhensible tant sa structure est alambiquée et son propos murmuré en d’indéchiffrables litotes.
Je suis prêt à être traité d’ignare imbécile, mais c’est le genre de films à côté desquels je passe, hagard et désolé.
Parce qu’il y a de la substance : la Roumanie post-communiste, une île enchanteresse, une superbe femme et quelques porte-flingues,
mais dont on n’arrive pas à savoir qui est au service de qui et dans quel but. La musique est très amusante qui utilise des standards de l’art lyrique, la photo est très maîtrisée, le traitement des couleurs des décors par exemple sent la direction artistique volontariste.
Mais comme tout est chamboulé comme les couleurs d’un Rubik’s Cube en désordre, il m’a semblé impossible de suivre l’histoire. Alors on se distrait en regardant toutes les citations d’autres films qui, avant celui-ci, essayaient de faire peur, de montrer des méchants déterminés et des victimes d’on ne sait trop quoi. Un soupçon d’exotisme provient de ce langage de «siffleurs» mais qui n’intéresse pas vraiment. Sauf que l’on attend qu’ils sifflent la fin de la partie. Elle m’a semblé longue et perdue.