Quels talents, quels moyens, quels savoir-faire exceptionnels mis au service d’un film pour crétins. Un genre archi-usé (le 3e du titre) mais qui marche encore très bien auprès d’un public qui n’a aucun sens moral et qui s’amuse à voir des gens se casser la gueule, se tirer dessus et se balancer des « punchlines » souvent très bien écrites et amusantes, mais qui sont d’un niveau de club de boxe.
Les réalisateurs sont... belges ! Black (176) et m’avaient très impressionné. Ces deux talentueux cinéastes flamands ont cédé aux sirènes hollywoodiennes ; on ne les en blâme pas, même si c’est pour formater un produit purement commercial sans autre ambition que de faire rire du malheur des autres. Un budget de 90 millions de dollars, des vedettes mondiales, une équipe hyper-profes-sionnelle, qui résisterait ?
Il faut voir le film pour la structure du scénario qui est parfaitement maîtrisée et qui vous arrache le crâne car il n’y a pas une minute sans bruits de rafales, de crissement de pneus, sans une musique tonitruante, pas un temps mort (des morts, l’on en compte par dizaines, mais toujours les «mauvais», ouf !). Une alternance
de poursuites en voitures avec cascades virtuoses, des dialogues entre quinquas qui développent leurs idées rabougries de retraite, des séquences policières avec des moyens d’astronautes, dont les trucages de post-production rendent tout possible, bref, une panoplie de super luxe pour décrire des enfantillages dont on se gave entre deux hamburgers.
Si vous n’avez pas l’occasion de le voir, vous pourrez vous rattraper avec Le Flic de Beverly Hills dont la prochaine suite devrait être confiée aux deux mêmes réalisateurs anversois qui illustrent, de façon un peu caricaturale peut-être, les voies différentes empruntées au Nord du pays (le cinéma américain) et au Sud, le cinéma d’auteur.
L’un mène au box-office, l’autre au Festival de Cannes...