Ou comment passer à côté de son sujet ? Ici le réalisateur propose la description décadente du destin mal maîtrisé d’un génie incapable de se gouverner qui va de la cocaïne à la sodomie avec la même désinvolture que de la fulgurance créatrice à l’adoration des belles choses.
Pourquoi ne sommes-nous pas un seul instant confrontés à cet univers chamarré de la mode, à cette concurrence de requins, à ce monde impitoyable dans ce qu’il a de spécifique ? Il nous est montré du côté coulisses, dans des lits mauresques, des lieux de perdition et d’oubli qui ne permettent que la fuite, jamais l’oubli. Certes il y a de beaux moments, des scènes élégantes, des dialogues raffinés, des fulgurances d’acteurs qui retiennent un moment l’attention.
Mais c’est l’ambiance de loukoum qui s’installe de façon de plus en plus pesante à force de répétition, d’extravagances tautologiques, de clichés pour le papier glacé des revues de salle d’attente.
Le génie propre d’un talent hors pair reste totalement hors champs. Ici et là s’entr’aperçoivent quelques-uns de ses traits de génie. Mais dans une atmosphère d’office, où se croisent des larbins arrivistes et des mécènes apitoyés.
Allez, un autre Saint Laurent nous arrive. En espérant qu’il nous dira des choses d’une autre tenue.