Ce genre de film, il faut y aller sans rien savoir ; et la critique que je fais à la critique c’est de «spoiler» jusque dans les moindres détails l’histoire peu banale de ce monsieur Jewell dont le film fait le portrait. La première chose à en dire est que l’acteur est stupéfiant. Et ce n’est pas parce qu’il est en surpoids qu’il fait mon admiration ; il est tout simplement exceptionnel. Pour le reste, nous sommes dans l’excellent cinéma américain, de reconstitution historique puisque le fait central du film se déroule lors des Jeux Olympique d’Atlanta en 1996. La structure du montage a recours, avec une certaine lourdeur, à la répétition de la séquence clé de cette histoire vraie. Puis quelques sauts dans le temps pour arriver à la fin de l’histoire. C’est mené avec une grande maitrise même si le film est d’un genre éculé, celui d’une enquête policière, avec rivalité entre
services de police, un avocat improbable, quelques scènes d’actions pour ponctuer le récit qui ne serait, sinon, que de dialogues. Les réalisations de Clint Eastwood ne sont plus à célébrer : Ame-rican Sniper (111) Sully (333) The Mulet (594) même si elles servent une idéologie de super-héros réactionnaires, très marquée par la droite américaine. Ce récit s’inscrit dans l’illustration des valeurs rédemptrices de l’Amérique, celles qui illustrent que, même s’il y a une erreur judiciaire, le héros pourra faire valoir ses vertus. Les vertus de la presse en prennent elles un fameux coup puisque la journaliste Kathy Scruggs obtient des informations dans des conditions déontologiquement contestables. C’est une des sous-ques-tions que pose ce film et cela enrichit la réflexion du spectateur sur les mœurs et les valeurs morales de l’époque.