Bien, on n’avait qu’à pas y aller. C’est pire que l’autre. Aussi bien joué, admirablement mis en image. Mais sans aucun intérêt. Un voyeurisme de latrines, montrant des gens mal définis qui glissent vers leur déchéance. Les biopics sont généralement des désastres. Celui-ci les égale avec les grands défauts que provoque une absence terrible de scénario. Ici on se vautre, on se regarde, on se fait des mines convenues, on échange des phrases apprêtées, précieuses. C’est d’un pédantisme maladroit. Avec des effets d’écrans partagés qui se veulent novateurs, allusifs même à Mondrian, des invraisemblances abracadabrantesques dans le récit. Un YSL vieux et halluciné ; hallucinant. Avec des para-com-mandos qui chantent en gros plan ; parachutés et incompréhensibles. Une scène inspirée par une vile copie d’un Paul Delvaux ; surréaliste. Et des plans utilisés en ouverture du film, recyclés en fin, donnant une image fantasmée de la fin de Pasolini peut-être. On baille en se rinçant l’œil car les acteurs sont bons et beaux, les décors à la hauteurs, les vêtements ne sont pas du prêt-à-porter de seconde main... Bref le temps passé à contempler des êtres accablés par leur sexualité gluante n’est pas compensé par la beau-té et le talent, qui pourtant était la marque de l’homme et de ses créations. Tout au plus une petite larme au coin de l’œil : le drame est que YSL n’a pas été le peintre qu’il rêvait de devenir. Ça nous aurait tant plu de voir ce qu’il a fait, et pas contempler les sables mouvants qui l’engloutirent.
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