La vérité c’est qu’une succession de bonnes répliques ne forme pas un bon scénario.
L’histoire est celle d’une actrice très reconnue qui publie un récit de sa vie dans lequel n’apparaissent pas les choses telles que vécues par sa fille qui débarque de NY où elle vit avec son mari et leur délicieuse petite fille.
Le charme du film tient aux talents de Catherine Deneuve et Juliette Binoche. Pour ceux qui aiment cela, il y a aussi le tournage du film dans le film, toujours amusant et prétexte à de nouvelles vannes assénées à mi-voix par une Deneuve version vieille perruche sarcastique. Malheureusement l’histoire évoquée d’une concurrente évincée, disparue, ne retient pas l’attention, ni cette idée confuse
dans la fiction en tournage d’une fille qui ne vieillit pas et voit sa propre fille (Catherine Deneuve) plus vieille qu’elle. Il faut se laisser bercer, parfois longuement, de saynètes amusantes et caustiques en moment de cinéma très «français», bien propre sur lui. Roger Van Hool réapparait pour notre plus grand plaisir dans un rôle inattendu. Le réalisateur mainte fois primé a été commenté déjà pour After the Storm (427) et Shoplifter (573) e.a. et est passé maître dans ces descriptions sociales de milieux modestes, pauvres, au Japon, sans qu’une histoire ne soit contée de façon classique. C’est encore cette voie périlleuse choisie pour La Vérité mais la sauce soja ne convient pas à l’ambiance vinaigrette de ce film, à mon sens. Que personne ne se prive de voir des actrices en pleine maturité, maîtresses de leur talent. Mais c’est une visite de bon voisinage, pas une rencontre bouleversante.