Un film du répertoire comique (qu’il est possible de voir à La Fondation Brel) et qui est le premier à mettre à l’écran un personnage devenu une référence, François Pignon, après avoir vu le jour dans une pièce de théâtre Le Contrat écrite par Francis Veber. Il sera le scénariste de ce film réalisé par Molinaro, avant de réaliser lui-même en 2008 «sa» version. Cette forme d’humour héritée du théâtre de boulevard donnera naissance à cette situation connue sous le vocable de «dîner de cons». François Pignon sera incarné 7 fois au total, par des comédiens différents dans des films devenus «cultes».
Ce film est à la croisée de deux grandes carrières, celle de Veber et celle de Molinaro qui avait dirigé Brel déjà dans Mon oncle Benjamin, heureuse aventure qui, avant celle avec Ventura dans le film de Lelouch, allait motiver Brel à accepter ce tournage pourtant mal
venu après l’échec de Le Far West et surtout dans un registre qu’il ne comprenait pas, celui qui inspira Feydeau, Sacha Guitry e.a. Mais il est amusant de revoir le film qui ne «tient» que par le charisme des deux rôles principaux. Pas un comédien ou une comédienne, aussi appréciés furent-ils dans ces années-là, ne survit au temps passé. C’est, en quelque sorte, un film témoin d’une époque, et en particulier par la construction de son scénario et son rythme général (jeu des acteurs, enchaînements des séquences, insistances démonstratives de certaines situations, montage).
Le plaisir à (re)voir le film reste grand par la nostalgie bon enfant qui s’en dégage et la réflexion qu’il suscite autour de la pérennité de certains talents, la fugacité de tant d’autres dont on ne comprend même plus en quoi ils ont pu séduire. Bref un film qui n’est pas emmerdant.