L’empereur aux pieds nuls ! Le précédent film, The King of the Bel-gians (334), avait frappé déjà par le somptueux ratage d’une idée sympa traitée avec un talent exceptionnel pour la bouse cinématographique. Je ne voulais pas manquer l’Opus II de ces catastrophiques tâcherons du scénario et de la mise en scène. Allaient-ils se surpasser ? Eh bien oui, vous ne serez pas déçus si vous arrivez à le voir dans une petite salle qui essaye de donner un peu de visibilité à cette chose comme l’on exhibait des monstres dans des bocaux dans les foires d’autrefois. Tout est calamiteux, sauf les beaux cadrages très mis en place des extérieurs en pleine nature.
Nous savions que dans le rôle du roi des Belges, Peter Van den Be-gin est aussi attrayant qu’un gardien de nuit dans un parking mal éclairé : sinistre, amorphe, totalement dépourvu d’expression, fussent-elles des plus banales, les plus simplement caricaturales. N’est pas Buster Keaton qui veut... Son entourage est calamiteux et l’on a pitié de ce charmant et talentueux Bruno Georis qui n’arrive pas à cacher son effroi d’être mêlé à ce naufrage.
Le pire est dû à un relent d’ambition de message politique, celui qui annonce l’effondrement de l’Europe reprise en main par l’extrême droite avec un roi des Belges reconverti en dictateur. Comment ont-ils osé ? Avec la complicité de la fille de Chaplin, Géraldine, qui fait pitié à voir. Et qui a défendu cette daube avec frénésie dans ses interviews de promotion.
C’est le film d’un Tati trisomique, de cinéphiles amnésiques, une sorte de triomphe de ce qu’il ne faut jamais faire, à aucun prix.