On ne sent pas grand-chose. Un film qui raconte une histoire, sans surprise, de façon linéaire et classique. La rencontre d’un homme divorcé père d’une sympathique ado, et une femme célibataire,
«nez» de profession. Ce qui fait le charme du film, c’est la qualité des acteurs, de tous les acteurs, jusqu’aux plus fugitifs petits rôles. Emmanuelle Devos est majestueuse, une sorte de Fanny Ardant des faubourgs qui serait «parvenue», une sœur cadette de Jeanne Moreau. Malgré ses César, malgré ses deux films «belges» avec Fonteyne (*La Femme de Gilles) et Troch (*Unspoken), et des dizaines de rôles, cette actrice ne semble pas avoir (encore) atteint la place qu’elle mérite sur la plus haute marche de la célébrité. Son partenaire, Grégory Montel, est un adulte dans la maturité qui n’a rien de commun avec ces mâles pour pub d’eau de toilette, ce qui le rend
profondément humain, sympathique, touchant et sensible comme nous l’avions vu dans Les Chatouilles (587). Ce film est un peu tiède, par manque d’enjeu. Une histoire sympathique, originale par le métier de la femme, par le fait qu’il n’y a pas de scène d’amour, mais cela ne suffit pas à créer l’adhésion du public. Comment est-ce possible de produire un tel film dont, à l’évidence, le moteur est absent. On laisse rouler le récit dans la pente, sans plus. Une actualité post-covid amusante : l’anosmie dont souffre parfois cette femme, la perte de l’odorat. Pour un «nez» c’est une infirmité. Pour un film sympa, très français, c’est un petit prétexte pour singulariser une histoire banale construite sur le couple maître/esclave dans une version soft, élégamment dialoguée. On reste dans la catégorie des déodorants.