Un film à ne pas manquer si l’on aime les enquêtes policières ayant en toile de fond les suites de la Seconde Guerre mondiale.
L’histoire commence de façon banale : un assassinat incompréhensible et un brave avocat commis d’office. Et l’enquête, le procès, se dérouleront de façon aussi inattendue que surprenante, avec des rebondissements spectaculaires. Le récit mélange plusieurs temporalités. Le présent qui structure l’histoire, les souvenirs de jeunesse et d’amour des protagonistes et l’histoire terrible de l’occupation allemande en Italie. Le film va révéler deux choses : le motif de cet assassinat et une discrète subtilité juridique (une loi de 1968 portée par un ancien magistrat nazi) qui rendra la poursuite des criminels de guerre bien difficile par la suite.
Les alternances entre ces trois temporalités et l’émergence un peu lente des enjeux nécessitent une certaine concentration bienveillante vis-à-vis du déroulement du film, mais l’on en est récompen-sé car la dernière partie (terrible, âmes sensibles, accrochez-vous) qui rappelle que Oradour-sur-Glane n’est pas une exception.
On l’a compris, le film n’est pas à considérer du seul point de vue du spectacle, mais il est une invitation impérative à la réflexion sur des questions graves et permanentes : la violence comme moyen, la vengeance comme un droit, l’oubli et le pardon, la solidarité dans l’abjection, et d’autres thèmes qui sont ainsi convoqués par l’auteur allemand Ferdinand von Schirach dont le roman éponyme a inspiré le scénario du film. Ce film s’ajoute à une cinématographie riche déjà de Labyrinthe (127), Fritz Bauer (232), Denial (397) Werk ohne Autor (602) e.a.