T’es pas net : c’est une dysenterie visuelle, sonore et verbale qui traite les spectateurs comme des anencéphales prêts à se pâmer à chaque séquence. Elles sont (trop) nombreuses qui alternent scènes d’action hyper spectaculaires et celles de dialogues de crétins des Abruzzes, comme un salami un peu gras découpés en rondelles trop épaisses. Et cela dans un salmigondis scientifico-futuriste absolument stupide. Ce qui m’impressionne le plus est que ce navet est hypertrophié par la rumeur qui veut en faire le sauveur d’une saison cinématographicovid particulièrement triste.
Le réalisateur avait été très remarqué pour Dunkerque (420) et je ne m’étais pas privé d’écrire à l’époque, à contre-courant de la réputation ampoulée du film, qu’elle me semblait surfaite.
Ici, nous descendons aux abysses du cinéma de (mauvais) genre pour abrutir, hypnotiser les crétins et fasciner les ambitieux. Toutes les « valeurs » véhiculées par ces égouts de la pensée
mènent aux déchaînements de l’individualisme agressif, à cette vision du mal, du complot, que seuls les rédempteurs héroïques vont pouvoir vaincre. Bref, un cinéma fascisant qui se dissimule derrière des effets spéciaux cachant les effets spécieux de ce genre de discours. Évidemment l’ennemi est russe, le jargon baragouiné par les malheureux acteurs qui se tapent le texte est émaillé de «plutonium, algorithmes, physique quantique» et autres éructations ampoulées qui font passer la science pour un bowling dans lequel un strike habile permettrait de tout bouleverser pour qu’une connerie remplace une réalité scientifique. S’il pleut très fort et que votre prochain rendez-vous vous laisse du temps à perdre, allez constater par vous-même ce qu’un Boeing et un faux Goya peuvent évoquer pour un stupide milliardaire qui se vautre sur un yacht façon Onassis, dont la malheureuse Jackie doit protéger son cher petit. Et pour en finir avec le sourire, je préfère au palindrome avec lettre pivot, Tenet, ceux ayant une paire de lettres comme centre, car l’exemple «élu par cette crapule» m’amuse au moins un peu.