Virginie Efira. Ce seul nom doit suffire à vous convaincre qu’il ne faut en aucun cas rater ce film.
Elle est souveraine d’intériorité, de justesse, de diversité d’expressions et son talent semble s’enrichir, mûrir, à chaque film.
Celui-ci est le 18e de la réalisatrice talentueuse de, e.a. Gemma Bo-very (71) Les innocentes (224) Blanche comme neige (647) Tous les films de Anne Fontaine sont nourris par l’observation de la vie des femmes dans nos sociétés. Ici, la femme est flic. Mais vous le découvrirez, il en est d’autres que l’on croise durant cette tranche de vie ordinaire, celles d’un trio de poulets qui font simplement leur boulot. Et qui, à un certain moment, sont confrontés à un grave problème de conscience dont le traitement dramatique par les scénaristes est particulièrement bien travaillé, comme le sont les dialogues, les répliques taillées à la serpette.
Les récits qui s’entrecroisent nous permettent de rencontrer le quotidien de deux hommes et d’une femme, rassemblés par leurs missions. Il faut déjà souligner le talent subtil qui permet d’entrelacer ainsi des destins qui se croisent, se complètent, mais qui, sans se fondre, donnent une colonne vertébrale au film. Et ce qui est très subtilement fait, même si ce n’est pas d’une nouveauté singulière, c’est de revoir quelques-unes des missions une seconde fois, du point de vue de l’un des autres protagonistes.
Ce qui donne au film un caractère particulier, outre le traitement généralement sombre, nocturne de l’image, c’est l’utilisation des gros plans sur les visages. Nous sommes alors face-à-face avec chacun, emportés dans leurs pensées, leurs frustrations et leurs valeurs morales, leurs raisons d’être. La police, des chiens de garde ? Vous en jugerez en songeant à ce que vous, vous auriez fait à leur place dans une situation rendue très difficile par la complexi-té croissante des enjeux.
La révélation est l’acteur Grégory Gadebois qui avait été admirable en Commandant Henry dans J’accuse (710). Un acteur aux prestations nombreuses déjà, et ici très impressionnant. Même Omar Sy n’est pas aussi mauvais que d’habitude. Son regard parfois quitte ce côté glauque effaré et il parle moins faux qu’à l’ordinaire. Anne Fontaine doit être une excellente directrice d’acteurs.
Un film qui vous garantit un parfait moment de distraction de qualité, même si la critique se déchaîne méchamment contre ce film qui mérite d’être considéré. Car, à sa manière, il pose une nouvelle fois l’éternel et grave question de l’obéissance aux ordres ou aux impératifs de sa conscience. Ce qui n’est pas une exclusivité du IIIe Reich.
Et l’on ajoute encore une dérive exemplaire du tax shelter qui cofi-nance un film franco-français aux interventions belges qui relèvent du recyclage opportuniste. Mais que fait la police ?