Un jeune couple est tout excité (vous l’apprécierez) par le voyage en train qu’il fait vers une ville universitaire américaine (Bennington) dans laquelle il va commencer une nouvelle vie. Lui est appelé à assister un professeur de renom dont l’épouse fantasque est une autrice très remarquée. Le jeune couple est accueilli dans leur maison où il logera et sera amené à assister à des comportements très étranges, qui relèvent du dérèglement mental. Si vous aimez frissonner en vous faisant peur pour pas grand-chose, vous allez être servis. Ce film est un de plus dans ce genre thriller psychologique qui ne débouche sur pas plus qu’une fin banale. Ce qui donne quelqu’intérêt au film est qu’il est inspiré de la vie de Shirley Jackson, écrivaine spécialisée dans ce genre frémissant qui se développe dans les années 50.
Elisabeth Moss incarne Shirley à la manière d’une sorcière hystérique. Un rôle rare et magistral pour cette actrice très en vue grâce aux nombreuses séries qui ont bénéficié de son talent et à The Invisible Man (768) dans lequel elle assumait déjà un personnage très perturbé. Sa partenaire, Odessa Young, est très remarquable de séduction, de finesse et elle évolue durant le film de façon intéressante. D’autant plus qu’il y a une volonté « féministe « dans le récit
que chacun appréciera selon sa sensibilité. Mais il est intéressant que la réalisatrice semble (car je n’ai rien vu d’elle) avoir un parcours engagé dans ce domaine.
Le travail formel est important dans le film, ce qui contribue à lui donner une forte personnalité. La bande sonore est constituée de «standards» du jazz et de la musique de dance, avec quelques morceaux composés pour contribuer aux tensions qui jalonnent le film, comme autant de passages obligés à un étage supérieur du malaise. Le travail de l’image est de grande qualité avec un usage de gros plans à courtes focales qui déforment un peu les visages, comme dans un cauchemar, avec des flous qui accentuent les pertes de repères appropriés à ce climat de malaise. Le recours à de brèves séquences fantasmées, de cauchemar et d’épouvante ponctue le film pour en rendre l’intention plus claire encore si besoin était.
Si vous en avez l’envie, lisez cette critique intéressante et bien construite : https://www.citizenpoulpe.com/shirley-josephine-decker/