Un film psychologique austère, très élégant, qui repose sur les épaules de l’actrice, professeur de piano gagnant sa vie dans l’administration, qui, pour célébrer son soixantième anniversaire, va assister à un important concert de son fils, pianiste bien entendu, mais aussi compositeur.
Le film est subtilement construit autour d’une intention qui pourrait être : à un moment dans votre existence, la raison de vivre vous viendra de ceux que vous avez engendrés. C’est intéressant, très subtilement distillé le long de cette histoire peu spectaculaire mais d’une grande intensité. Alors pour lui donner «de la tenue» le cinéaste a beaucoup soigné sa mise en scène et vous vous amuserez de sa
façon de cadrer, frontale et symétrique. Mais c’est le portrait aigre d’une femme solitaire qui affiche sa misanthropie comme d’autres leur rosette de la Légion d’Honneur. Les manifestations de son sale caractère peuvent être lues comme des manifestations de souffrance qu’elle exprime entre diverses attitudes contradictoires : sa générosité intéressée qui l’amène à offrir des places au concert de son fils, mais aussi cette infantile méchanceté vis-à-vis de l’amie de ce virtuose de fils. Un film qui se déroule en une journée, qui raconte un moment fort dans la vie d’une femme, qui évoque la relation professeur-élève pianiste, ce n’est plus une découverte originale, mais la déclinaison d’un genre. Ici le film mérite d’être vu malgré son ambiance aigrie ; elle est très bien mise en musique.