Fin décembre, en Norvège il fait très sombre. Il en est de même durant ce film qui, en quelques jours entre Noël et Nouvel An nous conte l’histoire d’une femme (c’est l’histoire qu’a vécu la réalisatrice) à qui l’on découvre une métastase de son cancer du poumon, bien soigné il y a quelques années, mais cette fois c’est le cerveau et le pronostic est très pessimiste.
L’intérêt du film et de voir comment se répand dans une famille, ici recomposée avec de nombreux enfants au seuil de la vie d’adulte, cette terrible nouvelle, ce qu’elle lève en chacun d’émotion, d’envie, de tristesse et de comportements inspirés par les meilleurs sentiments mais pas toujours adéquats. Un film intimiste, dont les plans sont majoritairement «des plans poitrine» ce qui s’explique
car généralement tournés dans l’appartement, dans les cabinets médicaux, dans les voitures, ces lieux exigus ne laissant guère d’autres alternatives, mais ici c’est particulièrement adéquat car la distance ou la proximité entre les êtres s’exprime par le regard, par un silence, un simple mouvement de la tête et tout le film a cette intériorité qui convient si bien à ce récit d’une expérience qui nous pend à tous au nez, voir sa vie soudain annoncée comme raccourcie à bref délai à cause d’une maladie.
Nous voyons ainsi une tranche de vie de façon très «naturaliste» avec d’excellents interprètes qui sont tous très «justes» et parfois bouleversants. La chronologie est respectée, accentuée même par des panneaux annonçant la date du jour.