Il n’est pas de ma famille. Pourtant le réalisateur est un talent reconnu. Il a débarqué dans le cinéma avec Dobermann en 1966 et a eu un parcours très atypique. Cette première comédie pour lui risque bien d’être la dernière. Elle est ennuyeuse, prévisible, lente, appuyée et dialoguée à la truelle. Le duo des acteurs en fait un bud-dy movie lourdingue. Une espèce d’*Emmerdeur emmerdant, trouvé en solde chez Tati.
De la part de François Damiens ce n’est guère une surprise bien qu’il ait été souvent beaucoup plus mauvais encore. Vincent Lin-don gagne sa vie, entouré de pâles actrices sans talent ni charme. Les scènes s’enchaînent lourdement, avec comme objectif affirmé de faire rire. Rires de dialogue, de situation, toute la catégorie des
recettes de cuisine cinématographique pour fast food de télévision familiale y passe. Pas étonnant : TF1 est producteur et l’on retrouve Umédia, société belge qui exporte du tax shelter sans autre retour que la honte, assumée : il faut attendre le dernier carton du générique de fin pour en obtenir l’aveu.
Les décors sont d’un style que l’on n’osait même plus craindre, la caricature du travail sans goût et sans le moindre sens de la réali-té autre que celle des photos de magazines de mode. La musique très abondante est un puzzle de morceaux convenus, nouveaux ou repris du répertoire. La photographie est très stylée, comme la plupart des cadres, des mouvements d’appareil. Mais c’est sans âme, sans imagination. Un travail de mercenaire.