A ne pas manquer ! Un film qui parle de l’élection de Miss Monde, ça fait immonde aujourd’hui dans un climat de lutte des femmes pour le respect et l’égalité des genres (on ne peut plus dire des sexes...). La surprise du film c’est que précisément cette lutte est au centre du scénario. Basée sur des faits réels qui se sont déroulés à Londres en 1970, le récit suit trois voies qui se répondent jusqu’à s’entremêler d’une façon très réjouissante. D’une part nous avons le personnage central interprété par l’exceptionnelle actrice Keira Kneigtley, une surdouée du cinéma, qui mène sa vie de mère et d’étudiante de façon singulière, courageuse pour l’époque. Nous avons aussi l’équipe de ces foires à bestiaux qui organise les concours de Miss. Rien ne leur est épargné par la réalisatrice qui les dépeint avec humour et férocité. Puis un groupe d’activiste féministes qui sont intégrées à l’histoire et qui deviendront rien moins que les fondatrices du Women’s Lib, un mouvement de libération de la femme auquel il faut rendre hommage. Ce que le film fait à sa manière, humoristique, légère, mais tellement salutaire. Pour ceux qui ont connu cette époque où la guerre du Vietnam ravageait les consciences, où le droit à l’interruption volontaire de grossesse et au-delà, la simple revendication pour les femmes de vivre de façon autonome devenaient des crédos sans cesse débattus, c’est un émouvant rappel. Que de chemin parcouru en une génération ! Pour ceux, plus jeunes, qui n’ont pas une conscience claire de ce que fut le déclenchement de cette vague qui a submergé nos sociétés, jusque dans l’Afrique du Sud de l’apartheid par exemple, ce film sera une belle leçon, légère dans le ton, profonde dans ce qui anima ces femmes aux croisements de leur histoire.
Le titre du film signifie littéralement «inconduite - mauvais comportement» mais chacun apprécie le jeu de mot qui justifie sans doute le maintien de ce titre pour l’exploitation dans les pays francophones. La réalisatrice n’en est pas à ses débuts même si aucun long métrage de fiction n’a encore marqué son parcours fait de séries télé manifestement orientées vers des sujets ayant la situation des femmes comme centre d’intérêt. Ici éclate un talent qui mélange la fantaisie, la direction d’acteurs, un sens subtil des durées des séquences, bref un spectacle réjouissant et qui n’est pas dépourvu de sens. Rare mélange sur nos écrans. Réussi par la seule femme ayant, à ce jour, été honorée du prestigieux prix BAFTA (*British Academy of Film and Television Arts, sorte de César ou d’Oscar britannique) pour la meilleure réalisation d’épisodes de la série télé Three Girls; elle a réalisé aussi des épisodes de The Crown. Bref le combat continue pour que des femmes puissent vivre leurs métiers et leurs talents sans plafond de verre. Prenez-y votre modeste part en soutenant ce film ; il vous surprendra par sa singularité joyeuse et l’intérêt complexe des sujets abordés.