Voilà un film qui amuse et n’est pas une lourde farce, qui surprend, même s’il est cousu de fil blanc.
Un jeune garçon orphelin (sortez vos mouchoirs) survit dans une communauté tenue par une mère de substitution à la poigne d’acier. Sont réuni-là toutes les représentations de la diversité. On se croirait dans une démonstration du vivre ensemble malgré nos différences. Et il y en a ! A découvrir rien que pour le bonheur.
Mais la quête de ce jeune orphelin est celle de son « genre » comme il faut dire maintenant. C’est fait avec tact et surtout beaucoup de sensibilité et d’humour, en se servant d’une amusante idée, celle de concourir aux épreuves de sélection pour Miss France. A découvrir tant c’est rigolo, et en particulier un « green washing » de ce monde tant décrié (à raison) qui nous amène sur les plages belges tellement dégueulasses que ces dames, qui font du team building, décident de nettoyer les crasses qui justifient l’intervention, le détournement, du Tax Shelter pour nettoyer nos rivages.
Le réalisateur en est à son deuxième long métrage mais il a aussi une carrière d’acteur et manifestement, il sait faire parler ses personnages ! Les dialogues sont très enlevés et l’on ne s’ennuie pas. C’est Alexandre Wetter qui défend le rôle-titre, et de façon brillantissime. Il faut mentionner aussi Isabelle Nanty magistrale, et qui démontre une nouvelle fois qu’il ne faut pas être une super nana pour être admirable à l’écran comme, il y a peu dans Été 85 (773). Mais il n’y a pas que ce duo et vous ne manquerez pas de vous amuser à voir chacune et chacun prendre sa place dans cette comédie de groupe.
La « critique sociale » sous-jacente est bien menée, sans lourdeur mais avec humour et sensibilité. Si vous avez aimé Misbehaviour (792) vous retrouverez des moments de la même veine, celle dans laquelle coule un sang plein de vitalité, ici mis, discrètement, au service d’une réflexion très à la mode, la transition, celle d’un sexe à l’autre et le sort des androgynes.
Ce film prendra sa place dans le panorama de ceux qui sont inspirés et traitent de ces sujets en espérant qu’ils contribueront à l’intégration de ce type de parcours dans l’ordinaire de nos sociétés.