Vilain caprice. Ce réalisateur est un vieux baroudeur du cinématographe dont la carrière l’a amené à réaliser quelques longs métrages, en scénariser beaucoup, à travailler en télévision de façon très remarquée, mais à 78 ans ce film sera sans doute celui le plus marquant de sa (fin de) carrière.
C’est le genre de film qui se voit et se boit comme un bon cocktail, rafraichissant et avec des saveurs agréables.
Les deux acteurs qui portent le film sont exceptionnels et, ici, bien employés grâce essentiellement à un sens des dialogues, une qualité des répliques et des réparties qui claquent de façon très amusante.
Ces acteurs ne sont pas dirigés, ils sont évidents. Niels Arestrup est incomparable même si son registre semble un peu étroit lorsque le personnage est central et est supposé évoluer, révéler des réactions, des attitudes nouvelles. Patrick Bruel est sans doute l’un des meilleurs acteurs qui soit, dans le style « naturel «, dans la cinématographie française. Ce film les met face à face de façon assez classique, deux coqs qui ne sauraient laisser l’autre chanter avant lui, encore moins à sa place. Mais ça ne fait pas une histoire.
Celle-ci est vaguement inspirée par la personnalité et le suicide de Olivier Metzner, un super cador du barreau de Paris, un pénaliste qui a été au sommet de la gloire dans les affaires très médiatisées auxquelles il fut mêlé.
Il ne suffit pas de souffler la fumée puante de ses cigares au visage de ses interlocuteurs pour ressembler à ce personnage. Et surtout l’affaire trivial que lui confie Bruel est loin d’être à la hauteur de ce qui a rendu Metzner célèbre. Tout cela est filmé avec un classicisme très honorable, dans un cadrage très large qui donne une ampleur aux lieux où se répandent ces gens qui sont en permanence en représentation. L’épouse de Bruel est totalement inconsistante, sortie de magasines en papier glacé, comme elle. Un petit clin d’œil à Eva Darlan qui n’a qu’une scène, mais excellente. Et le personnage du père incarné par Michel Bouquet est infiniment touchant ; et drôle.
Bref, une villa à louer pour se détendre en vacances et rêver de ce que le cinéma américain aurait produit comme film puissant au lieu de celui-ci, gentillet et qui est une nouvelle fois l’occasion d’utiliser le Tax Shelter via Umédia de façon totalement incompréhensible.