Comme une lettre à la poste. Un film ordinaire. Un très intéressant rappel de la Guerre froide au moment où l’intention des Russes de positionner des missiles à Cuba nous a amené au bord du gouffre. L’époque est très élégamment restituée, par tous les moyens habituels : traitement de l’image, beaux décors, costumes, véhicules, accessoires qui marquent le temps de façon amusante.
Le film se heurte hélas à deux écueils qui en atténuent le charme : c’est une histoire vraie sans suspens alors que l’enjeu est historique mais la fin connue. L’autre bémol est la structure du scénario qui alterne des séquences parfois longuettes et qui surtout se répètent : installation du lieu, décors (spectaculaires) scènes de famille gentillettes, et dialogues, à table ou dans des bureaux. Alors bon, le spectateur suit le récit avec sympathie car il est dense, les images sont belles avec des mouvements d’appareil, en extérieur essentiellement, qui en mettent plein la vue. Mais ce n’est pas au niveau de Le Pont des espions (183) Official Secrets (765) Red Spar-row (487) parmi de nombreux autres.
Le réalisateur est un brillant homme de théâtre et cela se sent, il film des acteurs qui jouent (avec talent) leurs scènes successives. Le rôle anglais central est interprété par Benedict Cumberbath qui avait impressionné déjà e.a. dans le personnage de Alan Turing pour Imitation Game (107).
Un film à voir avec intérêt mais ne pas trop en attendre.