Le discours est long mais amusant. Une honorable tentative de renouveler le cinéma de comédie français souvent si lourd.
Nous suivons ici les pensées de l’acteur central, Benjamin Lavern-he qui se défend bien, et qui imagine toutes sortes de façons de
« sortir » des scènes dans lesquelles la routine de sa vie de famille le plonge. Des parents, une sœur et son (future) beau-frère sont les points de départs nombreux de versions plus ou moins drôles, loufoques, qui sont déclinées parfois avec virtuosité.
Le spectateur est l’interlocuteur direct de l’acteur qui lui parle, face caméra. Ce n’est pas commun. Et l’action autour de lui pendant ces moments de partage avec le public est traitée de plusieurs façons : image figée, arrivée incongrue de personnages amusants, un jumeau même, un piano qui passe tranquillement de gauche à droite, avec son pianiste qui n’en est pas troublé, bref de nombreuses trouvailles qui soutiennent l’attention. Bien entendu les morceaux de choix sont les différentes versions du discours qui est plusieurs fois prononcé dans des styles aussi différents qu’amusants.
Mais le problème est que ces répétitions sont un peu lassantes et l’absence d’enjeu, de suspens, rendent le déroulé de cet exercice de style scénaristique un peu longuet. Mais riche et plein de fraîcheur.
La copine du personnage central est peu présente, car elle se met
« en pause » mais l’on ne sait si l’actrice de grande renommée, Sara Giraudeau, est aussi exaspérante au naturel ou si elle campe un personnage mémorable et qui forme un couple amusant avec le sociétaire de la Comédie française qui avait tant impressionné dans Le Goût des merveilles (191)
Il faut mentionner la mère interprétée de façon séduisante par Gui-laine Londez, car elle est prise d’un fou rire absolument communicatif et qui fait tellement de bien qu’il justifie à lui seul d’aller voir le film !
Le réalisateur est un baroudeur des films de comédie, avec subterfuges, pas seulement L’*Astérix au service de sa majesté, mais aussi pour Le Petit Nicolas (52) et Les Vacances du petit Nicolas, (53) ainsi que Le Retour du héros (481) et Un homme à la hauteur, (258) autant de films attestant de ce goût de la comédie « renouvelée » et parfois très charmant. Plus français que ça, il n’y a pas à l’affiche ; et cela rend totalement incompréhensible le détournement par Scoop du Tax Shelter vers une production qui ne concerne en rien le cinéma belge.