Voilà ce que l’on appelle un « joli petit film » et c’est vraiment le cas. Pas de vedette, rien de spectaculaire, simplement la vie, pas simple. Celle de ce jeune homme en terminal qui vit avec son père, un Français issu de l’immigration, très austère, illettré mais d’une probité exemplaire.
Nous suivrons le parcours singulier du fils, son rêve de footballeur, ses tentations pour faire de l’argent facile.
Chaque scène porte en elle sa charge de tendresse, de complexité, d’hésitation entre le Bien et le Mal pour ce jeune homme au sortir de sa chrysalide. C’est très subtilement joué par un jeune repéré
« dans la rue » Abdel Bendaher et qui est excellent. Comme est excellente l’idée de le signaler par son inséparable chapka qui le caractérise.
Le casing est particulièrement réussi : le père est interprété de façon très convaincante par Samir Guesmi, le premier film qu’il réalise après une longue carrière de comédien. Rufus a une mi-cro-scène qui est délectable, Maryline Canto, une comédienne exceptionnelle sans être (encore) vedette est excellente en prof, et Pierre Rebbot est irrésistible en dragueur pédéraste. Il faut aussi mentionner Luàna Bajrami tant appréciée déjà dans le rôle de la servante dans Le portrait de la jeune fille en feu (696).
La sensibilité « sociale » du sujet traité avec autant de tact que de réalisme rend ce film particulièrement attachant.