The Mother pourrait-on s’amuser de dire après The Father car le sujet est analogue, celui de la fin de vie. Mais le traitement ici est tout à fait singulier et profondément attachant. L’idée semble être un sujet de fiction et le film, un documentaire. Ces deux concepts se mélangent de façon exceptionnellement touchante et réussie.
Pour surveiller la façon dont sa mère est traitée dans une maison de repos, sa fille fait engager une personne dont la mission sera de rendre compte depuis l’intérieur.
Et voilà donc notre personnage central de 83 ans entrant en maison de repos avec l’assentiment de sa famille qui voit là sans doute une heureuse façon de devancer l’inéluctable.
Et tout le film est farci de petites choses amusantes en lien avec la mission, et d’autres qui dressent un portrait non conventionnel mais très réaliste de la vie de ces maisons de repos tant redoutées mais qui n’ont de cesse de rendre la (fin de) vie de leurs résidents plus douce, plus festive.
Partagez avec elles et eux ces heures de crépuscules ensoleillés et pleins de saveurs. C’est un film qui n’est pas mis sur le pavois mais qui mérite plus que tant d’autres d’être dégusté. La réalisatrice chilienne a une grande carrière déjà dans le cinéma documentaire, en ayant choisi des sujets profondément humains. Et ce film-ci, je l’espère, lui vaudra à la fois d’être mondialement reconnue, mais aussi de voir mis au pinacle un genre cinématographique, certes exigeant, mais tellement merveilleux en ceci qu’il parle de nous et pas de quelques vedettes dans des décors artificiels qui récitent des dialogues trop souvent mal écrits.
Ici la parole est vraie, l’émotion sincère, et l’envie de beaux films comme celui-là, ravivée.