Mais de quelles promesses parle-t-on pour ces jeunes femmes ? Celles qu’elles deviennent « quelqu’un » ou qu’elles fassent de lubriques promesses ? Vous le découvrirez, comme moi, durant ce film dont l’affiche ne dit rien de ce sujet essentiel, celui des actes impardonnables et imprescriptibles.
Le personnage central est porté de façon exceptionnelle par Carey Mulligan, absolument remarquable, une fois encore.
Souvenez-vous d’elle dans Wildlife (583) ou Les Suffragettes (179) parmi une quinzaine d’autres rôles. Une actrice anglaise qui travaille aussi avec le même éblouissant talent dans la production américaine, comme ici. Et la réalisatrice est aussi anglaise.
Le film lui est très américain par les décors, le style de vie, le langage. Nous sommes immergés dans la bourgeoisie conventionnelle et qui se veut sans histoire mais non dépourvue d’ambitions.
En matière d’histoire, vous ne serez pas déçus car celle-ci est d’une force terrible, cœur tendre s’abstenir. Petit à petit nous découvrons la vie d’une « dévoyée « qui vit encore chez ses « braves « parents.
Nous comprenons que sa vie a été brisée et, étape par étape, nous reconstituerons ce drame fondateur dont je ne vous dirai rien. Sauf que ceux qui en sont la cause vont le payer très sévèrement. Et c’est cela qui rend ce film rare, car il investigue cette zone grise entre les fêtes alcoolisées et l’accession à des fonctions bien sous tous rapports, au prix de compromis impardonnables. Vous allez voir, c’est très bien écrit, très bien imaginé, très bien scénarisé et l’on avance d’étape en étape dans un crescendo (souligné souvent par une musique très inventive) qui est balisé par de sérieuses surprises ! La réalisatrice a déjà un palmarès d’actrice, de scénariste aussi, en série tv surtout mais sans doute cela donne-t-il à ce scénario-ci une vigueur et des rebondissements puissants qui lui valurent l’Oscar du meilleur scénario original. Bien mérité. Une leçon de cinéma.