Ce titre est intraduisible, vous prendrez connaissance à la fin du film des concepts qu’il rassemble. Mais le film est passionnant. D’abord parce qu’il nous immerge dans une communauté innue du Canada qui est peu représentée au cinéma et que nous allons découvrir et entendre, dans le français local, mais aussi l’inukti-tut et le groenlandais qui sont les langues parlées là-bas. Tous les acteurs sont bouleversants de naturel. Et le scénario inspiré d’un récit publié en roman est extrêmement captivant.
Deux très jeunes filles font le serment de ne jamais se quitter. Et nous allons suivre leurs parcours, différents, qui se croisent, s’opposent, se confrontent. Le dépaysement est total. A cause des langues parlées, à cause de la façon de vivre de ces populations du Grand Nord, à cause des événements qui jalonneront ces existences qui ne peuvent être qu’extraordinaires. Vous y découvrirez que l’apprentissage de la culture est, là aussi, un but d’exception. Le sujet aurait pu être polémique, politiquement engagé. Il l’est sans doute, mais de façon allusive, montrant certains aspects de la réalité (alcoolisme, drogue, violence...) sans jamais que le scénario ne se colore de façon tapageuse d’un militantisme réducteur.
La réalisatrice travaille depuis des années dans l’audiovisuel au Canada et elle a préparé de façon très approfondie ce scénario qui est brillant par sa construction et sa richesse. Nous entrons en sympathie aussi avec ces populations du bout du monde qui nous disent beaucoup sur nous-même, sur nos valeurs que l’on croit universelles, sur la sensibilité si contrastée des personnes qui vivent devant nous des événements aussi imprévisibles qu’émouvants. L’évolution de la prise de conscience au Canada du sort réservé à ces populations est particulièrement intéressant pour que ce film soit d’une grande actualité.