En se rendant à ce genre de films, il n’y a guère de mystère, il faut s’attendre à tout et surtout au pire.
Et il est évité de peu. Car le genre « Georges Feydeau du cinéma, façon Sacha Guitry » on connait et personne ne croyait possible qu’il soit remis au (dé)goût du jour avec une telle verve, un tel luxe, et, il faut le reconnaître, un tel talent, celui d’un casting de rêve.
Car le casting est haut de gamme, comme si tous ces excellents acteurs avaient eu envie de se lâcher, comme des potaches, des nostalgiques de la farce un peu lourdingue mais qui souvent fait mouche. Tous les running-gag sont construits de façon « classique » (plan de préparation, répétition, surenchère, persécution de la même tête à claque, jeux verbaux parfois proches de Pierre Repp, Fernand Raynaud ou Raymond Devos, etc.). Le nom du personnage interprété par Christian Clavier est BOULLIN. Et je crois que pas une fois il n’est prononcé correctement par les autres personnages ; je vous laisse deviner les variantes... Ce brave inspecteur crétin fait de l’œil à Maigret (la pipe) Hercule Poirot et à La Panthère rose... Mais ce n’est pas avec une grande finesse.
Bref, on évite de peu l’abrutissement complet et l’on sort de la salle qui est de cinéma comme d’un MacDo l’est de la restauration.
Virginie Hocq, avec Benoit Poelevoorde et quelques prestataires techniques dont l’éleveur de chien, sont la justification injustifiable du détournement du Tax Shelter par Umedia qui finance une farce franchouillarde dans laquelle l’argent belge n’a, une fois de plus, strictement aucune plus-value pour le cinéma belge. Sauf de tourner en studio en Belgique les intérieurs du film.
Nous sommes loin de Les Visiteurs, de Le Père Noël est une ordure et de l’ambiance du café-théâtre. Benamou est mou, complaisant, un pâle faiseur mais il n’est pas arrivé à nous empêcher de rire aux éclats devant tant de balourdise. Laissons-lui cette qualité.