Une perfection. L’histoire se déroule en 48 heures à peine, dans une somptueuse maison en bord d’océan, où le couple de parents, lui est médecin, convie leurs deux filles, la compagne de l’une d’elle, le mari et le fils de l’autre, ainsi qu’une amie de longue date du couple. Vous découvrirez, comme moi, le motif de cette réunion qui est l’occasion d’un magnifique film « choral » dans lequel chacun tient son rôle à la perfection. L’on pourrait croire que l’histoire allait se dérouler sereinement, de façon démonstrative jusqu’à son terme. Il n’en est rien et les événements, les échanges, quelques scènes en apartés, donnent au récit une force émotionnelle absolument magnifique. Il y a des repas filmés admirablement avec un sens du cadre, une subtilité dans l’usage des focales, un style quasi théâtral de la mise en place de la caméra et des déplacements dans le champs visuel ainsi délimité.
Mais outre la délectation cinématographique intense et raffinée, il y a aussi un sujet qui est traité de façon subtile et très émouvante. L’on ne peut sortir de la salle sans être bouleversé.
Le scénario n’est pas original et a été traité déjà dans Silent Heart par Bille August dont nous connaissons le très bon Goodbye Bafana (005)
Roger Mitchell est un réalisateur chevronné, ayant une douzaine de films à son actif dont Un week-end à Paris avec déjà la remarquable Lindsay Duncan que l’on retrouve ici.
Susan Sarandon est magistrale, et sans doute le sujet a-t-il moti-vé son engagement, elle qui est très mobilisée politiquement aux U.S.A.
Et l’on devine le plaisir voluptueux que le réalisateur a dû ressentir à mettre en scène ces acteurs magnifiques dont les dialogues et les silences sont ciselés comme une cantate. La bande sonore est d’une grande richesse et d’une particulière discrétion, chaque fois dans le ton parfait de la séquence qu’elle soutient avec tact.
Quelques splendides images de ciels crépusculaires traversés par des oiseaux noires symbolisant la mort qui rode, expliquent peut-être le choix du titre de ce très beau film.