Un autoportrait. Lorsque dans un rêve il sera possible de contempler la cinquantaine de films de Woody Allen, l’impression sera la même qu’en parcourant du regard les primitifs flamands, les impressionnistes ou les cubistes, tant ses films sont d’une même uni-té d’inspiration. L’amour, l’humour, la bagatelle et la logorrhée. Quel plaisir chaque fois de retrouver cet immense talent et les acteurs qui le servent.
Le cinéma de Allen est une « école » à lui tout seul.
Nous voici avec un couple dont la superbe épouse est attachée de presse d’un acteur très glamour. Et l’on sait dès l’entame du film vers quoi évoluera cette mission professionnelle. Il y a des scènes irrésistibles lorsqu’ils sont à trois. Le mari, vieux, petit, chauve, bedonnant, le visage ingrat ne peut empêcher ce rapprochement passionné. Mais il rencontre une médecin espagnole au moins aus-si séduisante que son épouse. Va-t-il arriver à la séduire ? Wallace Shawn est absolument exceptionnel de talent et de drôlerie dans ce rôle.
Tout cela se déroule de façon désinvolte durant le festival de cinéma à San-Sébastian, c’est léger, laissant la place aux citations et aux rêves inspirés par les grands films au sujet desquels chacun aime se disputer : Godard, Lelouch, Bergman, Fellini. C’est très amusant, combiné avec un humour original effervescent durant tout ce récit d’un séjour professionnel qui remet en cause ce que l’on aurait pu croire acquis. Sergi Lopez fait un numéro magnifique qui justifie à lui seul d’aller voir ce film plein d’amusante légèreté. 85 ans, 50 films, qui dit mieux ?