Voilà un récit qui est au cinéma ce que la sonate est à la musique. Nous sommes plongés dans la ville de New York décidément très photogénique d’autant qu’elle est très habilement filmée pour restituer les ambiances du milieu des années 1990 (mais ne vous y trompez pas, les images extérieures ont été tournées à Montréal).
Deux personnages de générations différentes dialoguent dans leurs parcours feutrés.
L’une est jeune, charmante, idéaliste et rêve de littérature sans savoir trop comment s’y faire une place. En écrivant, en travaillant dans le « milieu » ? C’est ce qui lui arrivera très vite grâce à l’autre personnalité de l’histoire, une agente littéraire bien établie, d’âge mûr et de grande réputation.
La jeune Margaret Qualley interprète de façon charmante le rôle de Joanna Rakoff, l’autrice du roman éponyme du film et qui a inspiré ce biopic.
Sigourney Weaver est l’agente littéraire au caractère très trempé. Tout le casting est parfait et restitue le parfum amusant de l’époque du début de l’internet et des ordinateurs. L’image très travaillée esthétiquement contribue à cette reconstitution.
Ce qui retient particulièrement l’attention est la façon dont le récit est émaillé de moments oniriques, et d’autres qui relèvent du phantasme littéraire en donnant vie à des personnes sorties de l’imagination dans ce petit milieu où la jeune secrétaire a pour mission de se substituer à Salinger qui ne veut voir personne et n’être vu de personne, mais qui reçoit un courrier phénoménal auquel elle répond.
Le réalisateur d’origine canadienne a une dizaine de films à son actif et je n’en ai vu aucun.
Celui-ci est très réussi dans le genre témoignage d’une vie et d’une époque, inspirantes et finement évoquées.
Laissez-vous attraper le cœur par ce moment dépaysant et plein d’une charmante douceur.