Dans la constellation des films qui traitent de ces sujets, celui-ci restera parmi les plus séduisants, comme une veste de cachemire que l’on retrouve pour les moments douillets, comme une douce caresse qui témoignerait d’une tendresse inspirée par un amour profond et ancien. La dégénérescence cérébrale, l’amour entre hommes, ont été maintes fois traités au cinéma. The Father (804) Amour (22) The Leisure Seeker (464) Blackbird (834) Falling (821) etc.
Mais ici le sujet est très intimement abordé avec une retenue, une délicatesse, une intériorité qui fait monter au cœur des larmes sincères devant ce qui nous attend tous, la fin de nos vies.
Le film est classiquement construit « en 3 chapitres ». Celui de l’exposition nous fait connaître deux hommes dans la maturité, à la veille du troisième âge. Un couple très complice, soudé mais qu’un drame latent va mettre à l’épreuve, la perte progressive de contrôle mental de l’un d’eux. Ensuite une intense vie sociale et familiale, et enfin, le face à face qui va devoir résoudre un antagonisme frontal sur ce que chacun envisage de faire à l’aube de sa propre mort.
La beauté des images et des lieux dans une campagne de rêve baigne ce parcours (en mobile home) dans une ambiance superbe qui contribue à donner à la vie une saveur intense.
La mise en scène est d’une grande sobriété, les plans simplement cadrés, un montage sans effet, et la très belle bande sonore de pia-no et de cordes, inspirée par la profession de l’un d’eux, pianiste, est due à Keaton Henson qui semble être un rare talent au parcours très singulier. L’autre est écrivain et se rend compte qu’il ne peut plus progresser dans l’exercice de son art et de son métier.
Les deux acteurs - Colin Firth et Stanley Tucci - ont un palmarès exceptionnel à la hauteur du talent qui sert ce film, avec beaucoup d’intériorité. Tout se déroule dans une ambiance, certes émouvante, mais pleine de tendresse épicée par l’humour.
Le réalisateur semble en être à ses tout débuts et c’est un coup de maître.