Presque. Ce film, inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée en Suède, la transpose en France de façon astucieuse : elle pourrait y avoir eu lieu.
Mais d’emblée l’on voit les fils blancs dont est cousue l’intrigue, on sent le tire-larmes qui va motiver de nombreuses séquences, on subit le numéro d’acteur de Kad Merad qui en fait des tonnes et l’on s’amuse de ces repris de justice qui vont devenir des repentis, quelques soient les crimes qui les ont amenés dans cette prison bien propre.
C’est interprété avec un grand naturel, les répliques sont ciselées et très dynamiques, mais la chronologie appuyée du récit le rend un peu lourd, et tellement prévisible.
Le réalisateur avait déjà été remarqué pour son premier long métrage Cessez le feu (399) avec, m’avait-il semblé, des faiblesses de
scénario qui, ici aussi, alourdissent les scènes qui se succèdent comme durant un feu d’artifice, mais avec un peu de peine à rendre le film dynamique. Le lien avec l’œuvre En attendant Godot est très intellectuel, difficile d’y adhérer si l’on ne connait pas la pièce de théâtre qui en devient une farce de potaches, bien loin sans doute de l’ambition de Samuel Beckett.
Mais l’on comprend la tentation de créer une analogie entre le spectacle en gestation et le destin de ces garçons incarcérés, évidemment dépassés par le sens du théâtre de l’absurde auquel ils se consacrent pour essayer de sortir de leur condition et de leurs routines de prisonniers. L’impression que le vécu de ces détenus est très bien rendu repose sans doute sur des dialogues particulièrement travaillés et sur le jeu des acteurs que l’on reverra certainement, car ils sont tous très originaux, attachants et hors du cliché « beau gosse ». Certains d’entre eux connaîtront, il faut le leur souhaiter, des triomphes.