Un coup de foudre ! Nouvelle illustration qu’il faut aller au cinéma sans rien savoir de ce que l’on va découvrir. La réalisatrice s’était distinguée déjà avec A peine j’ouvre les yeux (259) et la revoilà avec un thème proche, qu’elle maîtrise parfaitement, celui de l’éveil à la vie adulte dans des milieux à cheval sur la méditerranée. Je ne dirai rien de l’histoire, linéaire et simple. Mais elle fait s’entrecroiser des thèmes traités ici avec une très grande subtilité, une rare richesse. Nous suivons deux étudiants qui débutent à la Sorbonne leurs études de littérature comparée, français-arabe.
Ce qui nous amène très élégamment vers des textes d’une infinie subtilité, d’une richesse et d’un érotisme très raffiné. La profes-seure de faculté est magnifiquement interprétée par Aurélia Petit, une de ces excellentes artistes qui, elle depuis bientôt trente ans, exercent leur art dans des seconds rôles marquants. La littérature est mise en avant pour l’importance qu’elle occupe dans nos civilisations.
Nous apprendrons à connaître aussi la famille du garçon, d’origine algérienne, et tout ce que l’on en découvre est intéressant, donne des nuances importantes sur ces gens en exil dans des barres de HLM. Mais tout en finesse, loin des clichés véhiculés par les films
« de banlieue ».
La découverte du désir pour l’autre, des jeux de séduction, la fidélité aux normes claniques, tout cela est subtilement évoqué au fil de ce premier trimestre en fac dans une ambiance visuelle souvent teintée au henné, cette couleur ambrée qui donne à l’image un ton équivalent à ce qu’est l’harissa pour la cuisine.
Zbeida Belhajamor, la jeune sorbonnarde, fascine par son talent qui annonce d’autres rôles magnifiques.
Et les musiques très richement choisies contribuent à mélanger les cultures.