Ce nom est celui d’un soldat japonais qui va connaître, dans les Philippines, un destin singulier : il continuera à mener une vie de combattant après la fin de la guerre, avec un petit groupe de soldats qu’il commande et dont les disparitions successives alimenteront le récit.
Dépaysement garanti ; dans l’espace, dans le temps et dans la culture, les mentalités de ces hommes bien éloignés de nos habitudes de comportement, même dans un contexte exceptionnel.
Il faut reconnaître à ce (trop) long film une vertu rare, celle de nous immerger durablement dans une nature hostile où survivre demande des efforts inouïs, de tous ordres. Relationnels, et cela n’est pas simple dans ce microcosme de paumés. Physiques, car l’environnement est plus hostile que l’armée américaine toute entière. Psychologiques, car l’on sent bien qu’entrer dans le cerveau de ces gens c’est un peu aller à la rencontre d’extraterrestres.
Tous cela se découvre au fil d’images très soignées, de scène en scène, parfois peu reliées entre elles. Mais chaque moment, chaque détail retient l’attention pour sa singularité, même s’ils ne sont pas stupéfiants, ni tous dignes d’un intérêt soutenu.
Le scénario présente deux faiblesses importantes : c’est que l’intérêt de l’histoire commence lorsque le film s’arrête ; nous ne saurons rien du retour à la vie « normale » de ce combattant délirant.
L’autre problème auquel vous serrez sensible, c’est le manque d’enchaînements, de concaténation dans la narration. La préparation de ce projet fou, tout comme le héros, ont dû absorber trop d’énergie pour en laisser suffisamment à l’écriture de l’histoire, hélas. Car elle est peu ordinaire. Et puis il y a des « petites » invraisemblances. A la fin le héros a des dents blanches éblouissantes. Il ne semble jamais manquer de munition pour leurs armes, etc.
Nous sommes plongés dans des univers qui se mélangent, celui de Robinson ou du film Cast Away, et de tant d’autres qui se servent de la jungle impénétrable pour confronter leurs héros à l’extraordinaire, jusqu’à la folie.
Ce qui plait, incidemment, c’est que ce film apparemment japonais, est réalisé par un français, avec un modeste financement e.a. du tax shelter belge qui a permis à Catherine Marchand de prendre en charge les costumes et à mon frère Olivier avec son complice Jacques Decort, de faire exploser ou flamber quelques séquences qui mettaient un point final à sa carrière d’effets spéciaux.