Au nom de la rosse. Un film dont la vedette est Virginie Efira ne peut être qu’un film important. Mais cela ne veut pas (toujours) dire un bon film. Ici elle est magnifiquement épaulée par Charlotte Ram-pling qui est comme chaque fois excellente, et par une jeune actrice prometteuse Daphné Patakia (de nationalité grecque et belge) et aussi par Lambert Wilson dans un rôle de Nonce apostolique qui s’apparente à celui d’un Guignol en soutane de brocart, lui qu’on avait tant aimé en prélat dépouillé dans Des hommes et des Dieux. Nous ne sommes pas ici dans le même registre. Elle (279) aurait dû nous rappeler que, malgré Efira déjà, le résultat n’est pas garanti ! Le film passe complètement à côté de ses deux sujets : les rapports de pouvoir, entre une mère supérieure et celle par qui elle se fait déboulonner, entre l’autorité ecclésiastique exercée par un homme sur ce couvent et le représentant du Pape. L’autre sujet est celui de la pandémie de peste noire et son cortège de folies.
Au lieu de cela, nous sommes plongés dans des bondieuseries irritantes et ridicules, alternant avec des moments de saphisme qui auraient pu être émouvants mais qui sont à l’érotisme ce qu’est un pissenlit dans l’art floral. En outre ces scènes sont d’une lourdeur
démonstrative qui font pitié pour ces pauvres actrices qui ont dû s’y soumettre. Leur seul intérêt est de découvrir ce qu’est une
« poire d’angoisse ». Pour le reste, nous frôlons le porno en bures et guimpes, ce qui ne manquerait pas de piquant si c’était fait avec tact.
Une autre chose qui défie le supportable, ce sont les scènes fantasmatiques dans lesquelles ne joue rien moins que Jésus en personne. La folie hystérique, les clichés très appuyés sans aucune fantaisie nous font avancer dans un récit mal écrit alors qu’il aurait pu l’être, sur le sujet, d’une toute autre façon. Le réalisateur a changé trois fois de coscénariste. Une fois de plus aurait peut-être rendu les choses moins indigestes.
Et rassurez-vous, la musique contribue de façon assommante à cette ambiance sans aucune intériorité. Revoyez La Religieuse (017) si l’odeur de sainteté vous enchante. Ici c’est un triste gâchis financé pour partie par le tax shelter et Belga, sans que l’on ne comprenne en quoi l’argent belge a pu servir des talents belges.