Rouge de plaisir ! Quel film attachant, captivant qui illustre admirablement, subtilement l’antagonisme essentiel de notre époque : développement industriel (travail, économie) versus défense de notre santé et de notre environnement.
Ce film doit être vu par toute cette génération qui défile « pour la planète » car ils y retrouveront dans un cas très particulier, la parfaite illustration de la dureté du combat à mener pour faire prévaloir le long terme et la préservation de la vie. Nous suivons une infirmière « quelconque » engagée à l’usine où son père travaille depuis toujours. Et petit à petit le regard de cette jeune fille se porte sur les non-dits mortels avec lesquels chacun compose.
Laissez-vous guider par Zita Hanrot qui est parfaite dans le rôle de Nour (La Lumière en arabe) et qui éclaire cet univers volontairement obscur. Elle avait été remarquée déjà dans La Fête est finie, Carnivores (504) L’Ordre des médecins (595) La Vie scolaire (687) et c’est une jeune actrice d’exception.
Sami Bouajila, acteur si souvent admiré, Un fils (772) est ici souverain et son parcours de père syndicaliste, particulièrement touchant. Olivier Gourmet est aussi mauvais qu’à l’ordinaire, jouant faux avec un regard vide, mais rassurez-vous il n’est que de 3 scènes. Et il contribue à l’attribution du tax shelter bien utilisé ici, me semble-t-il, pour permettre à un film très militant d’exister. Tout le monde n’a pas les moyens de Dark Water (761) mais ce film n’a pas à … rougir de la comparaison.
Le réalisateur m’avait enthousiasmé déjà avec Good Luck Algéria
(254) et il réussit ici un important sujet de société, sans faire de l’art, mais du bon travail, comme l’utilisation de la couleur rouge, de gauche, celle de la robe de la jeune fille, des murs poussiéreux de l’usine et celle du lac où sont déversés les déchets. Espérons que ce type d’industrie passe rapidement au vert.