Mais pas tout à fait assez cuit. Et c’est dommage car le début est un feu d’artifice. Nous assistons à la préparation d’un grand repas, puis aux commentaires de ceux qui s’en sont délecté. Un morceau d’anthologie ! Malheureusement, lorsque le chef de cuisine se retrouve dans une campagne pauvre, ce n’est que très lentement, laborieusement, que l’histoire mijote au coin du feu avec des moments de soufflés qui retombent.
L’une des causes en est le manque d’ampleur du jeu de cet excellent acteur Grégory Gadebois, que nous avons apprécié déjà dans des rôles moins écrasants : J’accuse (710), Police (782), Les Présidents (814) et tant d’autres. Il m’a semblé ici être monotone.
Isabelle Carré qui est un poids lourd du cinéma français m’a paru une erreur de casting. Après Vingt et une nuit avec Pattie (190) Le Cœur régulier (256), elle ne me semble pas crédible.
Il en est un peu de même du scénario qui veut illustrer le passage du chef de cuisine domestique à celui de restaurateur indépendant. Tout cela m’a paru un peu appuyé, lourd à digérer.
Le réalisateur est un baroudeur du cinématographe, comme scénariste, comme réalisateur et j’avais trouvé Le Goût des merveilles
(191) particulièrement convaincant. Son chef opérateur, Jean-Marie Dreujou, a fait un travail admirable. Nous l’avions beaucoup apprécié déjà dans Cézanne et moi (306) et ici la reconstitution tant des intérieurs éclairés à la bougie que les extérieurs majestueux qui évoquent successivement les 4 saisons, est un enchantement qui rend le film d’une rare séduction esthétique. La musique ajoute aux plaisirs nombreux de ce récit qui nous laisse un peu sur notre faim. Ce qui est un comble.
Un mystère reste entier, celui de l’intervention tax shelter pour un film hyper français, tourné dans le Cantal.