Valeur, tel est le sens de ce titre qui fait référence à l’enjeu de l’histoire : fixer le montant de dédommagement des familles dont un des membres a été victime du 9/11.
Ce n’est guère un sujet joyeux, mais il est traité avec une profonde empathie pour les quelques mille morts et leurs familles qui vont bénéficier d’un fond public de solidarité.
Le film nous donne tout simplement l’impression d’assister, muet, aux discussions très complexes qui vont, une année et demi durant, être le centre de la vie d’un avocat américain, et de son équipe. Il travaillera pro bono, ce qui veut dire pour le bien public. Pas fréquent !
Les cas évoqués ont évidemment été choisis pour leur exemplari-té, pour montrer la diversité de ces destins brisés, la violence des
drames que cet acte terroriste a engendré. Et au générique de fin, nous apprendrons que cette équipe pro bono est intervenue dans bien d’autres drames de tueries de masse.
Michael Keaton, qui est le socle du film, homme dans la maturité, acteur d’exception, e.a. dans Birdman (114) nous entraîne dans 18 mois de dialogues et de réflexions terribles car les protagonistes sont en deuil, les enjeux immenses tant financiers que symboliques. Quelle valeur a chaque mort…
Stanley Tucci est l’antagoniste, admirable acteur très remarqué
e.a. dans Spotlight (214) et Supernova (840). La réalisatrice signe ici son deuxième film, réalisé avec application, mais d’un grand classicisme. Ce qui n’ôte rien à la valeur du film.