L’eau plate est le nom peu engageant d’une petite ville américaine perdue au milieu de nulle part en Oklahoma où vit comme il peut, un homme dont la fille est condamnée gravement à de la prison, à Marseille.
Si vous voulez savoir pourquoi, et ce qui va leur arriver, allez voir le film, il est de belle facture, dans la catégorie des suspenses psy-cho-policiers. Le récit est linéaire, très bien scénarisé avec l’aide de deux coscénaristes français, avec des petites histoires qui étançonnent le récit central pour éviter qu’il ne paraisse long. Vous apprécierez le regard américain porté sur cette ville immense et complexe, très française. Le mélange de culture, de langues, est habilement utilisé pour donner « un genre » spécifique au film. Ca-mille Cotin et Matt Damon relèvent excellemment ce défi. Le type
de prise de vue à Marseille, très nerveux, à l’épaule, contraste avec des plans plus installés lorsque l’on regarde les épisodes américains de l’histoire. C’est bien réussi, même si l’on sort de la salle avec l’intuition que cette œuvre ne restera pas la plus importante du cinéma cette année. Le plaisir que l’on ressent durant la projection est de ceux que l’habileté et le talent permettent.
Nous connaissons le réalisateur pour Spotlight (214) qui est un film dont l’intérêt me semble plus dense que celui-ci qui est inspiré d’un épisode italien de la vie d’Amanda Knox. Celle-ci n’est pas contente que Stillwater soit construit, sans son consentement, sur le drame qu’elle a vécu. Le sujet sous-jacent du film est l’amour qu’un père porte à sa fille, et jusqu’à quel point il pourra lutter pour sa libération, quand bien même il apprendra la vérité.