Voir ce film peut attendre aussi. D’abord parce qu’il est d’une stupéfiante laideur photographique. L’image est tantôt brou de noix, tantôt d’un bleu délavé, diffusée, brumeuse comme l’étaient les lumières dans des boites de nuit sombres, lorsqu’il était permis encore d’y fumer. Le contre-jour et les noirs profonds rendent l’image souvent à la limite de l’illisible.
Ensuite, la fréquence des scènes façon Bataclan ou Les Terrasses, on en a un peu marre. Évidemment ici ce sont les mauvais qui meurent en tas, mais pour faire passer ces bains de sang, on serait supposé considérer que c’est au Xe degré de la dérision et de l’humour. Moi, cela ne me fait plus rire.
Enfin, le niveau d’infantilisme du scénario est abyssal. D’accord, c’est le style de la saga qui le veut, dans une grande tradition qui, cependant, évolue cette fois-ci : notre héros se déshabille, montrant ses beaux muscles à d’accordes jeunes dames. Certaines sont même afro-descendantes, et comble de l’audace, l’une est immatriculée 007 ! Comme on n’arrête pas le progrès, le féminisme et la mixité culturelle ont inspiré les scénaristes qui doivent faire du neuf avec du vieux.
Mais ne boudons pas notre plaisir, les cascades au début en particulier, sont exceptionnelles, par leur audace. Il y a des moments d’action qui doivent réjouir les gamins, car la production n’a pas lésiné sur les crashs, les bagnoles explosées, et quelques autres surenchères dans la bêtise de rigueur pour ce genre de divertissement. Hans Zimmer a fait ses meilleurs efforts pour nous éviter de perdre patience en nous régalant d’une musique de très haut vol, parfois tonitruante, mais que voulez-vous, c’est un peu la loi du genre.