L’Origine de l’immonde. C’est un peu dur, mais bien mérité pour ce que la comédie franchouillarde peut proposer de plus lourd, vulgaire et qui ne déride que les crétins.
Alors commençons par les choses intéressantes, car il y en a deux. Un casting très bon malgré les rôles que les acteurs doivent assumer. Et leurs dialogues écrits au bistouri, vifs, cinglants, avec un sens de la réplique souvent très bien maitrisé, du beau travail. Laurent Lafitte a un CV de grand format et très diversifié, télé, radio, théâtre, seul en scène. La première fois que je l’ai vu au cinéma c’était De l’autre côté du périph (024) puis e.a. Boomerang (167) Elle
(279) Au revoir là-haut (441) Un peuple et son roi (542) Nous finirons ensemble (638) bref un emploi du temps depuis les années 90 qui relève de l’ubiquité. Le réalisateur tient le rôle principal, aux côtés de Karin Viard qui a été souvent meilleure, mais qui a de l’abatage. Vincent Macaigne que l’on vient de voir dans Cette musique ne joue pour personne (859) Médecin de nuit (824) est encore un actif au théâtre, au cinéma, à la télé, comme acteur ou metteur en scène. Nicole Garcia campe un personnage amusant, un peu forcé et caricatural. Mais c’est Hélène Vincent qui retiendra l’attention pour son admirable personnage. Elle aussi a une carrière très diversifiée entre théâtre, cinéma, télé et mises en scène. Quel talent ! Et dans un rôle abominable.
L’histoire est une déclinaison d’une pièce de théâtre, ce qui se ressent très fort dans l’utilisation claustrophobe du même appartement, lequel est décoré de la pire des façons, celle des décorateurs de cinéma français sans autre source que les revues pour ensembliers du XVIe arrondissement. C’est bien triste de rater le repas lorsque tous les ingrédients sont de qualité. La cause en est l’extrême balourdise des ressorts de l’histoire dont je n’ose même pas vous dire l’absurdité. Un homme vit sans que ne batte son cœur. Et pour le remettre en route il doit relever un défi qu’on n’oserait pas évoquer lors d’un baptême estudiantin. Et cette comédie de caniveaux est financée par la RTBF et le tax shelter entre autres. Courbet n’aurait pu imaginer que l’idée de son tableau devienne une telle bouse pour rigolards encanaillés au bar du mauvais goût.